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France: le printemps culturel sera africain

France: le printemps culturel sera africain 2017-04-03
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Exposition: une saison africaine William Kentridge/Courtesy Marian Goodman Gallery, Paris et Goodman Gallery, Johannesburg

Du Grand-Palais à La Villette, de la Fondation Vuitton au musée du Quai Branly, le printemps culturel sera africain. 

En 2016, on avait senti les frémissements d'une déferlante africaine avec, entre autres événements, la première édition parisienne de l'Akaa (Also Known as Africa, la foire d'art contemporain et de design d'Afrique) qui s'était installée au Carreau du Temple. La semaine dernière, si le Maroc était l'invité d'honneur du Salon du livre à Paris, ce sont tous les pays d'Afrique qui étaient distingués au sein du nouveau pavillon des lettres africaines.

Ce printemps 2017, ce n'est plus un frémissement mais un véritable bouillonnement africain qui prend possession de la capitale et de la France entière. De l'art à la musique, en passant par la mode et le design, l'ensemble de la sphère artistique sera représentée par une centaine de créateurs venus de tout le continent africain... Dans les grandes institutions muséales jusqu'aux événements culturels et lifestyle organisés aux Galeries Lafayette ou à La Villette, c'est une scène en pleine effervescence qui vient faire la démonstration de sa diversité culturelle et créative. Loin des clichés, elle montrera une Afrique jeune, dynamique et contemporaine. Voici une sélection d'événements à ne pas manquer.

Fondation Vuitton: « Art/Afrique, le nouvel atelier » 

Chéri Samba, J'aime la couleur, 2003, Collection de la Fondation Louis Vuitton (© Claude Germain/Primae)

En Afrique du Sud, il règne dans les cercles de l'art un sentiment profond fait de meurtrissures, de désirs, de revendications. Mais il se dégage surtout un sentiment d'appartenance à une culture locale très forte. Ce magma d'émotions non pacifiées a engendré un art brûlant qui prend une importance cruciale aux yeux de ceux qui le font, de ceux qui le représentent et de ceux qui le regardent. On peut le découvrir à partir du 26 avril à la Fondation Vuitton qui s'ouvre à la scène artistique africaine. « Art/Afrique, le nouvel atelier » présente 17 artistes sud-africains, à côté d'une sélection d'oeuvres de la Fondation et de la collection de Jean Pigozzi.

Parmi eux, William Kentridge, la super star nationale. Né en 1955, il a inventé un univers unique. Il travaille le dessin, le cinéma d'animation, le théâtre d'ombres ainsi que le rapport des images à la musique. Dans des installations savantes, il met en scène les grands mythes de l'histoire de l'homme. Ainsi, à la Fondation Vuitton, l'esclavage, les révolutions françaises et chinoises sont représentées sur trois écrans qui interagissent simultanément. Regarder une installation de Kentridge, c'est être pris par une bourrasque. C'est un mélange de burlesque, d'images d'Epinal, de rythme et d'émotions. William Kentridge est également exposé à la galerie Marian Goodman, à Paris jusqu'au 22 avril,

David Koloane, né en 1938, est un autre grand du patrimoine artistique sud-africain. Ancien opposant à la politique de l'apartheid, il est célébré comme un sage. Sa production picturale a un accent expressionniste et son travail est reconnaissable à l'omniprésence dans ses vidéos - tirées de ses dessins - de chiens se déplaçant en meute. Ces animaux qui hantent les villes symbolisent les êtres traqués par le racisme.

Il aura fallu, bien sûr, un David Koloane pour qu'apparaisse la nouvelle génération d'artistes noirs sud africains dont fait partie la militante Buhlebezwe Siwani. Née en 1987, elle a été élevée dans un township dont elle a gardé des souvenirs douloureux qu'elle sublime par des gestes s'apparentant à des rituels. Celle qui se dit aussi guérisseuse, réalise des performances et des sculptures à partir d'un savon vert extrêmement abrasif, celui-là même que sa grand-mère utilisait aussi bien pour laver les sols que pour la toilette de sa petite fille en public près d'un point d'eau.

La souffrance est omniprésente chez Jody Brand (née en 1989), observant que les noirs et les métisses sont invisibles dans la population et ne comptent pas dans le paysage social. Alors elle réalise des portraits photographiques de son entourage : femmes, travestis, gens de la rue,... dans des clichés frontaux et crus. Elle dit de son travail qu'il est « naïf et instinctif ». On ne pourra plus ignorer les douleurs sud africaines au sortir de cette exposition.

Être là, Afrique du sud, une scène contemporaine. Du 26 avril au 28 août, Fondation Louis Vuitton

Musée du Quai Branly: « L'Afrique des routes »

Transhumance, mouvements migratoires, commerce, les échanges panafricains et extra-africains sont facilités par la géographie du continent.

En même temps que l'exposition « Picasso primitif » consacrée à la relation quasi magnétique que nourrissait le peintre de Malaga avec les arts anciens d'Afrique, le musée du Quai Branly s'interroge à travers 300 oeuvres et objets sur les échanges entre le continent et le reste du monde. « Les routes de l'Afrique » remonte aux origines de l'humanité puisque c'est au sud du Sahara que vécurent les premiers hommes. C'est aussi de là qu'ils partirent vers d'autres directions. Ainsi, entre le Ier millénaire av J.-C. et le vie siècle, dans la région du Niger et du lac Tchad, vécut une civilisation qui a laissé une fascinante forme de sculptures en terre cuite. Quant à l'ivoire, ressource africaine capitale, il circule depuis l'antiquité à destination de l'Europe et de l'Asie. Sur les côtes africaines, il est échangé contre la soie, les perles, et même la porcelaine chinoise. Et puis l'islam, le christianisme et même le judaïsme vont passer à travers le continent laissant pour preuve des objets du rituel et des populations observantes. La mondialisation n'est pas une invention contemporaine.

Grande Halle de La Villette: Explosions urbaines Afriques Capitales

Il y a plusieurs Afrique. Et ses capitales hautes en couleurs ont inspiré les artistes. Simon Njami, le commissaire d'expositions et fondateur du magazine Revue Noire, présente à la Villette une soixantaine d'artistes sur ces explosions urbaines et ces manifestations humaines. On y retrouve le Sud-Africain William Kentridge, qui met en scène sur huit écrans en 45 mètres de long une danse mystérieusement macabre. Le Camerounais vivant en Belgique Pascale Marthine Tayou (ne vous fiez pas à l'orthographe, il s'agit bien d'un homme) a imaginé des « falling houses », des maisons suspendues à l'envers constituées de bric et de broc. Quant au Nigérian Uche Okpa Iroha, il a incrusté des autoportraits dans les images du film Le Parrain de Francis Ford Coppola pour bien signifier que les noirs y sont absents. Un rendez-vous de diversités.

ArtParis : une génération émergente et talentueuse d’artistes africains et des diasporas.


La foire du printemps Art Paris se focalise cette année sur les artistes africains. Une centaine au total sur les 139 stands que compte la manifestation. Vingt galeries africaines ont également fait le voyage.

Dans le même temps, Marie-Ann Yemsi, commissaire de la Biennale de Bamako 2017 et de l'exposition aux Galeries Lafayette (1), organise dans le cadre de la foire une exposition de vidéos sur le thème du corps. « Avec des oeuvres du Maghreb à l'Afrique du Sud, il faut non seulement sortir des clichés de l'art africain de l'Ouest mais aussi échapper aux idées préconçues d'une création qui ne serait composée que d'un art de recyclage ou de photographies de studio », conclut Guillaume Piens, le directeur d'ArtParis.

L'Agenda

À Paris
Afrique Capitales Du 29 mars au 28 mai, La Villette, Paris.

Art/Afrique Atelier Du 26 avril au 28 août, Fondation Vuitton.

Art Paris Art fair Du 30 mars au 2 avril, Grand-Palais.

Africa Now
Happenings et conferences. Du 29 mars au 25 juin, Galeries Lafayette.


En région
Vers le cap de Bonne-Espérance. Du 6 avril au 3 septembre. Gare Saint-Sauveur, Lille.

Émoi Photographique. Focus sur l'Afrique avec 4 photographes invités. Du 25 mars au 30 avril 2017, Angoulême.

Printemps des Arts. Le 1er avril Armand Diangienda Wabasolele avec l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo.

 


les Echos
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