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Entreprises : Luc Gerard, le businessman aux racines congolaises

Entreprises : Luc Gerard, le businessman aux racines congolaises 2017-03-17
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/03-mars/13-19/gerard_luc_entrepreneur_rdc_17_002.jpg Kinshasa-

Luc Gerard

Ce puissant patron installé à Bogotá, en Colombie, revient peu à peu aux affaires dans sa RD Congo natale.

Dans un salon privé de l’un des derniers étages du géant Fleuve Congo Hotel de Kinshasa, dos tourné à Brazzaville, l’entrepreneur prend le temps de poser pour notre photographe. Décontracté. Quelques minutes plus tôt, il admirait l’horizon, suspendu comme un petit garçon aux battements d’ailes du corbeau qui disparaissait devant ses yeux émerveillés.

L’image contraste avec celle de l’homme pressé que tout le monde voulait rencontrer, il y a peu, au siège de la Fédération des entreprises du Congo. Ce jour-là, Luc Mputu Nyafe Gerard dit Luc Gerard (parce que « les gens ont voulu m’européaniser », justifie-t-il), hôte de marque du forum Sultani Makutano, était venu partager son expérience avec les chefs d’entreprise africains présents dans la capitale congolaise.

Dans la salle, il se murmurait que l’orateur pèserait quelque 600 millions de dollars (environ 570 millions d’euros). Les astuces pour réussir et le « parcours improbable » de cet entrepreneur de 45 ans passionnaient naturellement l’assistance.

Carrière atypique

Qui aurait parié sur ce gamin né d’une mère congolaise à Boende, une bourgade perdue dans le nord-ouest de la RD Congo ? « Si on s’interroge sur l’avenir du petit Luc à ce moment-là, avance l’homme d’affaires, qui n’hésite pas à parler de lui à la troisième personne, le plus probable, c’est qu’étant métis il aurait trouvé un job dans une plantation d’hévéas. »

Il me fallait prendre un risque et devenir entrepreneur

La probabilité est d’autant plus forte que son père, un « vieux Belge arrivé au Congo dans les années 1950 », était lui-même un planteur de café. Mais le paternel songe à un autre avenir pour son rejeton. À 6 ans, Luc débarque à Kinshasa pour y poursuivre sa scolarité. Diplôme d’État (équivalent du bac) en poche, il s’envole pour la Belgique et s’inscrit dans une prestigieuse école de gestion bruxelloise, l’ICHEC.

Il enchaîne en parallèle des jobs d’étudiant : cuistot dans un restaurant mexicain, agent d’entretien des égouts, portier, barman… « À la fin des années 1980, se souvient-il, les fast-foods comme McDonald’s et Quick refusaient encore parfois d’employer des Noirs ». Métissé, il reste un « homme de couleur ». Mais cela ne l’empêche pas de décrocher son diplôme d’ingénieur.

Entre le Zaïre en crise et la Belgique raciste

Avec « de grands rêves, à 23 ans », il décide de revenir au pays pour relancer les activités agro-industrielles dans sa province natale de l’Équateur. Il trouve un Zaïre en lambeaux, le régime de Mobutu à l’agonie. Plus rien ne fonctionne en ce début des années 1990. Têtu, il parvient tout de même à acheminer quelque 20 tonnes de café marchand à Kinshasa. Mais la cargaison lui est extorquée.

Est-ce parce qu’il soutenait l’avènement d’une alternance pacifique à la tête de l’État ? Toujours est-il qu’il envisage sérieusement, avec une bande d’amis, de lancer un parti politique : le Mouvement indépendant pour la reconstruction du pays (MIR). Le projet n’aboutit pas. Luc décide de repartir pour la Belgique. L’aventure zaïroise l’a beaucoup endetté. Il est embauché par la Banque Bruxelles Lambert (BBL).

Ambitieux et pressé, il explique un jour au vice-président de l’entreprise que, dans les dix prochaines années, il se voit dans son fauteuil. Son interlocuteur lui rétorque qu’il serait inimaginable de placer un « homme de couleur » à la tête d’une banque traditionnelle belge. Il claque la porte. La Belgique, avec son intolérance persistante à la mixité, devient subitement « trop petite » pour lui.

Carrière chez Philip Morris

En 1998, il est recruté chez Philip Morris après avoir entamé quelques années plus tôt sa « carrière internationale » au service de Caterpillar. Le géant de la cigarette l’affecte d’abord à Lausanne avant de le faire monter au siège new-yorkais et finalement à Bogotá, où il officie comme directeur général. Il n’a que 33 ans, mais l’idée de lancer sa propre boîte lui trotte dans la tête.

Les institutions, en Colombie, fonctionnent, et la société civile a su réagir pour que le pays ne devienne pas un narco-État
« J’avais l’impression de n’avoir rien fait de ma vie. Il me fallait prendre un risque et devenir entrepreneur », confie-t-il aujourd’hui. Père de famille (il a déjà deux enfants à l’époque), ce cadre nomade voulait aussi avoir une « racine » quelque part. Il rachète alors une entreprise pharmaceutique d’une valeur de 500 000 dollars à Bogotá.

Souvenir du pays

« J’ai choisi de rester en Colombie parce que j’y ai trouvé un possible Congo : même climat, beaucoup de problèmes internes. Même si, à la différence de la RD Congo [où il vient de lancer depuis quelques mois le Strategos medical solutions, un “modèle de santé low cost”], les institutions, en Colombie, fonctionnent, et la société civile a su réagir pour que le pays ne devienne pas un narco-État », relève celui qui a fondé plus tard Tribeca Asset Management, devenu aujourd’hui l’une des plus grandes sociétés d’investissement d’Amérique latine.

Pin’s de la RD Congo sur sa veste, Luc Gerard semble de plus en plus attaché à son pays d’origine. À la fin de l’entretien, il se tourne vers notre photographe et lui propose un tour du Congo en photos, avec possible mise à disposition d’un hélico. Mission assignée, à ses frais : « réaliser un livre qui célèbre la beauté du territoire ». Une manière, peut-être, de se réapproprier son pays.


Jeune Afrique
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10 commentaire(s)
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Salima - 17.03.2017 23:44

Monsieur Luc Gérard est le principal actionnaire de Tribeca Assets Management. Tribeca est une entreprise gestionnaire des portefeuilles (Equity Fund et Ventres capitalists). A voir le Team qui gère Tribeca il n y en a pas un seul individu de peau sombre. Cela en dit long. Le coeur de Luc est une blancheur capitaliste, pas humanitaire. Or la RDC est un moribond qui a besoin de secours humanitaire que cela soit politique,sociale et économique. Que Luc ne trompe pas, un capitaliste ne fait pas de l'humanitaire, surtout en RDC. Le fable du corbeau et du renard est encore avec nous. Le capitaliste c'est le renard. Le corbeau c'est là RDC et nous tous,congolais ordinaires.

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Salima - 17.03.2017 22:10

FLORENCE BULAMBO. C'est que vous racontez ici s'appelle PONZI SCHEME en anglais. Piramide en français. En d'autres termes, c'est une arnaque votre affaire.

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FONGOLA MISO - 17.03.2017 19:51

Les journalistes doivent arreter avec le mensonge. La photo ici se est une vielle et tout le monde peut googler sur internet et la decouvrir...Google-Nom de la personne-enter-image. Si le monsieur ici veut aider le Congo qui'il cree d'abords les entrepriises, engagent les congolais avant de se lancer dans la politique.. FONGOLA MISO...

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Action Nouveau - 17.03.2017 16:25

Tu es le bienvenu et si tu as à l'esprit l'idée de renouveler ton attachement à ton pays, nous sommes là pour t'encourager, Actionnons stp MIR pour changer l'image de la politique au Congo, Venir en politique avec ces moyens et son intelligentsia,c'est ce que le Congo à besoin.Nous avons besoin de renouveler notre classe politique.je propose le nom ''Action nouvelle pour le changement du Congo '' ANC

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Salima - 17.03.2017 16:15

C'est bien dit, "voisin de Ma Campagne ". Ceux qui ont toujours été riches au Congo, ceux qui se sont maintenus riches en pillant le Congo. On ne peut pas chercher des gens comme cela au Congo. Ce ne sont pas des entrepreneurs.

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Calixte - 17.03.2017 14:57

Oh Luc Gerard mon cher voisin de Ma Campagne sur ring. Je te jette des fleurs pour ton courage admirable. C'est ta maman qui est contente de toi sans oublier tes frères et sœurs Papy Bofeta, Mymy, etc..C'est des gens de trempe qu'on cherche ici au pays.. Congrats!

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Salima - 17.03.2017 14:01

Autre chose,le compatriote de Tribeca Assets Management investit pas les millions qu'il gère de la part des X et Y inconnus ne les investit pas certainement au Congo des risques (sauf peut être via des structures Offshore du type Panama); tandis que la diaspora Congo 100% indigènes et souffrante ignore les risques. Elle envoit ses esprits de mort etc, et cela fait impact direct dans la solution de transport pour la masse. En définif, le compatriote belgo-congolais ne peut pas se comparer à la diaspora en exile. C'est pas un entrepreneur. C'est un spéculateur, le métier indépendant favori à ceux qui vont dans des ITCHEC

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Salima - 17.03.2017 12:03

On notera que ceux qui qui envoient des milliards de dollars chaque année en aide aux familles à survivre la misère dans laquelle le pays est plongé ce sont justement ces enfants eux-même échappés de cette misère en allant en exile. Le monsieur ici ce sont des blancs au Congo qui ne se sont rendus comptent qu'ils sont classés noirs qu'en arrivant en Europe. C'est justement la classe des gens qui domine le Congo de la part de leurs papas colonialistes partis.

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Albert Ilunga - 17.03.2017 10:59

Voilà le type des Congolais de la Diaspora dont nous avons besoin pour la reconstruction de notre beau pays. Pas des demandeurs d'asile politique ou" économique"qui ne souhaitent que l'enlisement du pays pour justifier leur séjour à l'étranger.

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Asinge - 17.03.2017 10:42

Félicitations Luc Gerard, c'est touchant et me rappelle la publication d'Obama le rêve de mon père: Un héritage en noir et blanc. Parce que nous avons été étranger chez autrui. Reviens à ton pays natal pour changer l'image dans ce secteur d'entreprenariat.

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