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Docteur Marie-Thérèse Sombo : « D'accord pour la représentativité des femmes mais des femmes valables ! »

Docteur Marie-Thérèse Sombo : « D'accord pour la représentativité des femmes mais des femmes valables ! » 2017-03-13
Stratégies
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Docteur Marie-Thérèse Sombo

Célébrée le 8 mars de chaque année, la journée internationale de la femme permet à chacune d’entre elles de commémorer la lutte qu’elles mènent pour leur droit à l’éducation et à l’accès à l’emploi égal avec les hommes en plus de réfléchir sur les stratégies à engager afin de rendre leurs actions concrètes. Parmi elles, Mediacongo a déniché une perle, une Neuropsychiatre pour être plus précis, 5ème, que la RDC a connue en 2010 depuis qu’existe la Faculté de Médecine à l’Université de Kinshasa. Découvrez Marie-Thérèse Sombo dans l’interview nous accordée ci-dessous.

1 . Qui est Marie-Thérèse Sombo ?

Je suis Médecin, Neuropsychiatre, Chef des Travaux au Département de Neurologie au Centre Neuro-Psycho Pathologique (CNPP) à la Faculté de Médecine de l'Université de Kinshasa.

2. Pourquoi avoir choisi la Neuropsychiatrie ?

Au départ j'ai eu des difficultés à comprendre les cours en rapport avec ce domaine en graduat, une fois en doctorat j'ai été très intéressée par ce domaine au travers des cours dispensés, ensuite encouragée par un de mes enseignants j'ai été faire un stage volontaire au CNPP d'un mois avant le stage de dernière année de médecine. C'est après ce stage que je me suis convaincue de mon choix

Devant l'appareil d'électro-encéphalogramme

Devant l'appareil d'électro-encéphalogramme

3. Pourriez-vous nous dire combien de femmes ont partagé votre auditoire dans cette spécialisation et plus loin, si possible, combien y-a-t-il de neuropsychiatres femme, de votre génération ou plus âgées que vous ?

En fait je parlerai plutôt de notre spécialisation au CNPP que de l'auditoire. Je suis la 5ème femme à être diplômée Neuropsychiatre (2010)  depuis que cette structure existe à la Faculté de Médecine. Après moi, 2 autres en 2015. Quant à ma promotion, j'ai commencé en 2006 et passé les aptitudes comme première évaluation en 2008 au nombre de 5, j'étais la seule femme, aussi à la fin de formation à trois. Quant à l'âge je me retrouve pratiquement au milieu avec 3 plus âgées parmi celles qui ont fini avant moi.

4. Pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre travail ?

Mon travail consiste à diagnostiquer, à prévenir mais aussi à soigner des maladies mentales et celles qui touchent le système nerveux c'est-à-dire le cerveau, la moelle épinière, les muscles bref, les maladies en rapport avec la vie de relation.

5. Quelles en sont les difficultés ?

Les difficultés sont nombreuses mais beaucoup plus liées au manque de culture médicale de notre population et la complexité de l'organe à l'origine de trouble pour lequel il faudrait  apporter une information au malade ou à la famille : c'est sans ignorer que la plupart des maladies que nous soignons sont considérées comme mystiques. Une autre difficulté est liée au suivi, nous sommes souvent confrontés à l'abandon de traitement, de malades par la famille, découragement des malades et familles car plusieurs maladies sont chroniques, nécessitant de longs suivis par conséquent un coût financier élevé.

6. Être neuropsychiatre, était-ce un défi ou simplement un souhait ?

Sans fausse modestie, j'ai le diplôme mais j'aspire à de la notoriété ! Par contre en tant que femme, étudiante avec les réalités de chez nous et lors de ma formation c'était devenu un défi.

7. Pouvez-vous nous parler des difficultés rencontrées durant votre cursus ?

Je suis un miracle ! Certains disent brave mais personnellement je ne me le reconnais pas : un parcours pas du tout facile ! J'ai connu 3 phases dans mes études : je suis passée d'élève brillante en secondaire à étudiante mariée, mère, avec toutes les difficultés socio-économiques et familiales qui en découlent, et moyenne surtout sans ambition. Mon passage en 2 et 3èmes doctorat m'a permis de reprendre confiance en moi même et grâce au soutien de mon regretté époux, j'ai pu me rattraper, relever le défi pour devenir d'abord Neuropsychiatre et même avoir les ambitions de poursuivre une carrière académique

8. Comment vous appréhendez la notion de parité 50-50 ?

 Je crois que je vais vous décevoir s'il faut voir littéralement la chose sous cet angle dans notre pays. Je commence par voir les nombre de femmes dans différentes formations universitaires ou professionnelles. Je crois qu'il faudrait faire un travail en amont, encourager les filles à fréquenter l'école,  l'université et de leur apprendre à se distinguer. Par exemple, pour ce qui concerne la répartition des postes, s'il y a 20 postes, je suis d'accord que 10 postes soient données à 10 femmes  ayant les mêmes diplômes que leurs collègues de sexe opposé et  méritantes, on peut même aller à 15 s'il en est ainsi mais par contre si les diplômées sont au nombre de 7 et parmi elles 2 ne  méritent pas, je souhaiterais que les 5 soient retenues ! Conséquence d'accord pour la représentativité des femmes mais des femmes valables !

Echange entre MD et MDA

Echange MD et MDA

9. À longueur du temps, nous constatons que ce sont les mêmes visages des femmes qui passent à la TV pour réclamer 50% d’égalité de chance. C’est comme si elles représentaient leurs consœurs tapies dans l’ombre. Est-ce aux hommes de leur reconnaitre ce droit en amont ou c’est à elles de démontrer leur capacité à assumer de postes de responsabilité afin d’occuper dignement ces places et ainsi gagner l’estime et la reconnaissance de leurs confrères ?

Effectivement, je suis d'avis que les femmes doivent démontrer leur capacité d'assumer des postes de responsabilité. C'est un droit que nous réclamons et une récompense : à fonction égale, salaire et avantages égaux, à titre ou diplôme égal, fonction ou poste égale. Et si possible à celle qui possède les compétences requises d'accéder à une telle ou telle autre poste d'occupation aussi haute soit-elle que son collègue homme. Quant à celles qui passent à longueur de journée à la télévision pour revendiquer les droits des femmes, je pense que c'est une question de leadership mais malheureusement pour la situation de notre pays, c'est plutôt un moyen utilisé pour se faire remarquer, se vendre en vue "d'obtention de poste" mais à mon avis il suffit tout d'abord de travailler, travailler durement et même dans l'ombre, un travail bien accompli fait parler de vous.

10. Dans combien de centres vous prestez ?

L'essentiel ce n'est pas le nombre d'hôpitaux où je preste c'est plutôt le nombre de congolais chez qui je tente de soulager la douleur.  Pour dire que je suis connue dans un grand nombre de formations médicales sans horaires fixes, où je suis parfois appelée occasionnellement mais dans au moins 5 les horaires sont bien fixés.

En tour de salle

En tour de salle

11. Parlez-nous de votre clinique.

Notre clinique, je dis bien notre parce que je suis associée à un collège qui se nomme Cabinet de NeuroPsychoDiagnostic en sigle CNPD, est située sur l'avenue Kwango n°131 immeuble Hasson et frères ex. Aladef appartement 11 commune de la Gombe.

Elle a été créée pour diagnostiquer, prévenir, soigner les maladies mentales et neurologiques dans un environnement où les cliniques du genre, je veux dire spécialisées, ne se comptent pas et cela avec une touche particulière qui est l'amélioration de la qualité de vie de nos patients qui la plupart sont des malades chroniques.

Nous recevons les patients de tous les âges et de sexe différent. L'équipe médicale est composée de :

des Neuropsychiatres pour les maladies mentales, neurologiques comme Épilepsie, migraines, AVC, les mouvements anormaux,  les différentes douleurs et paralysie...

Salle de Masso-kinésitherapie

Salle e Masso-Kinésitherapie

  • Orliste
  • Dermatologue
  • Médecine générale
  • Diabétologie
  • Masso-kinésitherapie
  • Logopédie (orthophonie)
  • Psychologues cliniciens
  • Nutrition et diététique
  • Médecine de famille

Massage de la tête avec casque pour détendre une patiente

Massage de la tête avec casque pour détendre une patiente


Ainsi plusieurs tests psychologiques, quotient intellectuel et les examens de laboratoire y sont réalisés. Des massages de la tête avec casque, une  salle de kiné et un petit sac sona. Nous avons également deux chambres pour des cas d'hospitalisation. Voilà en résumé brièvement ce que je peux dire du cabinet.

12. Comment êtes-vous arrivée à surmonter les difficultés rencontrées durant votre cursus  et d’où/de qui avez-vous tiré toute la force de les surmonter ?

Il m'est arrivé de me poser cette question. Je dirai tout d'abord grâce à la foi, ensuite par rapport à l'adversité de la vie et aux humiliations connues, je me suis retrouvée devant un défi à relever et enfin grâce de l'encadrement et encouragements de mon regretté époux.

Et aujourd'hui encore, je continue mais un peu différemment car certains jours ce sont mes enfants, d'autres mes malades qui me permettent de surmonter les épreuves.

13. Qui est votre source d’inspiration si pas modèle ?

A travers le temps, les sources ont changé.  Il y a ma grand-mère, qui n'a pas étudié mais par ses multiples mutations à travers les pays en tant que femme de militaire, possédait des connaissances variées comme si elle avait étudié et qui a passé le reste de sa vie à encourager toutes ses petites filles à aller à l'école. C’était une femme très remarquable par son travail et d'une grande intelligence. Et ma mère nourricière qui figure parmi les premières femmes médecins de son époque était la première de notre province d'origine.

Certains de mes professeurs m'ont également marquée par leur savoir. En spécialisation, un homme. Dans mon processus de thèse encore 2 hommes. Actuellement, mon inspiration, je la tire Michelle Obama, qui est une véritable muse.


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1 commentaire(s)
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Serge k - 13.03.2017 17:00

Courage la brave,depuis la faculté tu t'es battu aux côtés des hommes sans aucun complexe bravant vents et marrais vers un seul idéal : la réussite. C'est donc une grande fierté pour nous qui t'avons connu Que Dieu t'assiste ensemble avec tes patients

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