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Festival Amani IV de l’espoir  !

Festival Amani IV de l’espoir  ! 2017-02-14
Provinces
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/02-fevrier/6-12/amani_festival_17_004.jpg Goma-

Les lumières de la 4ème édition du Festival international de musique et de danse pour la paix dans la région de grands lacs se sont éteintes depuis la soirée du 12 février par une dose excessive d’ambiance injectée par les jeunes kenyans terribles  de Sauti Sol.

Si particulière, si différente, l’édition IV du Festival Amani vient de marquer sans doute le tournant de ce rendez-vous culturel, qui a été érodé par l’incertitude de sa tenue cette année vu le contexte politique. L’envie et la détermination sont là les maîtres mots qui résument l’organisation qui a débuté le 10 février sur une fausse note. Retour sur trois jours de fête à Goma.

Une discussion tourne au cauchemar !

Tout commence par une mauvaise nouvelle de la mort du jeune Djoo Paluku. Artiste et volontaire pour la sécurité des Festivaliers, Djoo est tombé sous les balles d’un policier ivre dans la nuit du jeudi 9 février pendant le check-son des musiciens invités après « une incompréhension », à en croire le communiqué du festival.

C’est sous cette psychose que Goma a lancé ses activités  vendredi 10 février 2017, jour de l’ouverture.

 D’ailleurs, une agence des Nations-Unies sur place, a-t-on appris d’une source sûre, « a interdit à ses membres de se rendre au festival Amani pour insécurité ».

Pour lui rendre hommage, d’ailleurs, les organisateurs ont presque prolongé le festival d’un jour supplémentaire afin de pleurer Djoo Paluku au même endroit.

Un rendez-vous pour vendre Goma autrement !

Timidement, la journée du vendredi 10 prenait le rythme. Jusqu’à 13 heures passées, certaines structures débutaient à installer. Le gouvernorat, après réunion avec le comité d’organisateur, a renforcé la sécurité pour rassurer les festivaliers dont les jeunes constituent 95% des personnes qui font le déplacement depuis la première édition en 2014.

En effet, le gouverneur Julien Paluku est intervenu pour rassurer les uns et les autres dans une conférence de presse à côté du promoteur du festival,  Eric Delamotte. Pour lui, ce festival prouve au monde qu'au Nord-Kivu il y a du génie dans tous les secteurs de la vie artistique, touristique... « C'est une occasion de convaincre les investisseurs pour faire de cette contrée épanouie », a-t-il déclaré.

Les choses sérieuses sur les deux podiums ont débuté vers 15 heures. Tour à tour des groupes musicaux, de danses traditionnelles et modernes sont montés sur le podium. Orchestre Life Stor, Moov dance, Arsenic Franck Isa Le rossignol (le Petit Papa Wemba), Groupe Monusco, Mani Martin (célèbre jeune artiste du Rwanda qui a rendu un hommage Papa Wemba en interprétant l’une de ses chansons) ont précédé la montée sur scène de Fabregas Fabros qui cédera la place, à son tour,  au Dj Amaroula.

De blanc vêtu, le groupe du jeune Fabregas a envahi la scène pour enchainer des tubes, surtout ce qu’il a chanté pendant son passage au Wenge Musica Maison mère. Devant une forêt des têtes qui  scandaient et réclamaient « Ya Mado, Ya mado… ». Belle prestation du « Métis Noir » en 40 minutes qui n’a pas raté de faire passer son message de l'amour du prochain, qui pour lui, est une solution efficace pour lutter contre toutes les violences.

 Dj Amaroula a assuré. Il a allumé Goma. En 25 minutes, l’ambiance se passait à 100 en l’air. Une sélection de chansons d’ailleurs et du Congo a constitué son répertoire devant un public en délire qui est sorti de l’enclos du collège Mwanga en mode « fimbu, fimbu, chicotte ».

Devant Sauti Sol, la pluie n’a pas fait fuir !  

Le deuxième jour. Jean Goubald a marqué son temps de scène. Lui, qui était le clou de la journée après des jeunes tels que Mughongo, Matakiyo, Alfred Bernard, U-Min Robot, a présenté une nouvelle version de sa chanson fétiche « Bayibi nga bomwana », l’hymne de la lutte contre le recrutement des enfants soldats,  tant réclamé par le public sans compter ses vannes humoristiques.

DJ Boddhi Satva de la Belgique, a remplacé pour sa production.

« Le dernier jour : venir au festival ou jamais », lançaient une fille gomatracienne de taille gracieuse. Une foule immense. Les gens se frottaient comme en Chine. La poussière  embellissait les pieds, chaussures, et les visages séchant les lèvres. Madame la pluie, elle aussi, après plusieurs grimaces, a fait sa messe avec ses cordes sur les festivaliers qui, ont brisé le mythe de la pluie pour voir le célébrissime groupe kenyan Sauti Sol. Qui pouvait manquer  cette occasion à 1000 franc congolais ? Le collège Mwanga a refusé du monde.

Le spectacle de ces jeunes mouvementés d’Afrique a été beau à voir. Chantant en swahili, anglais, avec des mots isolés de lingala, les artistes musiciens de Sauti Sol ont rendu un bel hommage à Franco Luambo en interprétant dans une langue qui ressemble à lingala « Bandeko y'a basi ».

 Pour cloturer le festival Amani,  quatre jeunes dont l'un chantait sur une chaise avec sa jambe fracturée, ont appelé les jeunes africains.

Au-delà de la musique et de la danse, ce Festival Amani à réservé aussi une part non négligeable à l'entrepreneuriat où 10 projets des jeunes ont obtenu des bourses à hauteur de 1000$.

Le 5e anniversaire de Amani Festival, c'est l'année prochaine. Le public de Goma , à travers les réactions pendant la prestation de Sauti Sol, a réclamé Fally Ipupa.

Pour arriver à une fête grandiose, il faut que les consignes sécuritaires soient données aux policiers et aux jeunes volontaires au même moment pour créer un même état d'esprit d'accueil des festivaliers, préconise-t-on.


MCN TEAM / mediacongo.net
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