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Au Quai-Branly, une exposition pour découvrir le Congo chrétien

Au Quai-Branly, une exposition pour découvrir le Congo chrétien 2017-01-11
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Parmi les trésors de l’exposition, ces « Nkangi Kiditu », des crucifix appartenant aux chefs africains, très rarement exposés

Depuis le XVe siècle, l’iconographie chrétienne a inspiré l’art et la culture d’Afrique centrale. Christs féminins et saints aux traits africains en témoignent dans une singulière exposition au Quai-Branly.

À première vue, il s’agit d’un crucifix en alliage de cuivre, datant de la fin du XVIIe siècle. Mais que de détails troublants ! De curieux personnages, les mains en prière, sont perchés sur les branches de la croix, les traits du visage du Christ sont clairement africains et, surtout, des seins apparaissent sur son torse ! Cet objet est en réalité un Nkangi Kiditu (« Christ protecteur »), un de ces étonnants crucifix de chefs, collectés dans les années 1920 et conservés au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren (Belgique).

Rarement exposés, ils sont une vingtaine à avoir fait le déplacement jusqu’au Musée du Quai-Branly-Jacques-Chirac. Le parcours de l’exposition, riche d’une centaine d’objets (crucifix, pendentifs mais aussi statues de la Vierge ou de saint Antoine de Padoue), révèle comment l’imagerie chrétienne, transmise par les conquérants et missionnaires portugais, a été absorbée, voire réinterprétée, par les cultures kongo locales.

Des similitudes entre les rites

« Plus qu’un signe de conversion au catholicisme ou qu’un acte de résistance à une religion d’importation, l’appropriation des symboles chrétiens est surtout une preuve de l’étonnante perméabilité des religions traditionnelles… Ce qui fait aussi leur force, comme un fleuve sait contourner un obstacle ou lentement le dissoudre pour l’amalgamer à ses eaux », explique le commissaire Julien Volper, conservateur au musée de Tervuren et maître de conférences à l’Université libre de Bruxelles.

Ce syncrétisme fut sans doute facilité par des similitudes entre les rites chrétiens et autochtones : le symbole de la croix, par exemple, existait déjà dans la culture kongo, ses quatre branches figurant la course du soleil et la destinée humaine. Les mains jointes en prière font aussi écho à un geste traditionnel : le claquement de mains devant les chefs en signe de respect…

Vestiges de la première évangélisation, les Nkangi Kiditu sont devenus au fil des siècles des insignes de pouvoir, transmis de génération en génération. « Longtemps, ces objets métis, conclut Julien Volper, n’ont intéressé ni les marchands d’art qui ne les trouvaient pas assez “nègres”, ni les musées d’ethnographie, qui les jugeaient trop “blancs” ! » On les redécouvre aujourd’hui avec d’autant plus d’intérêt.

Cécile Jaurès
La Croix
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