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Pékin veut recadrer le football business en Chine

Pékin veut recadrer le football business en Chine 2017-01-09
Monde
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2017-actu/01-janvier/1_8/stade_chinois_17_004.jpg Pekin-

Les stades chinois se remplissent. Ils attirent en moyenne plus de supporters qu’en Italie

Les transferts et les salaires record de joueurs vers le pays de Mao explosent. Un signe de folie et de réel engouement. Tevez, Oscar, Witsel. Les noms de stars du ballon rond s’enchaînent presque chaque jour depuis la fin du mois de décembre. 38 (millions d’euros), 25, 18. Les gros chiffres aussi, dans leur sillage. Ils font état de transferts démesurés – ou de rumeurs folles en ce sens vers la Chine.

Dernier record en date: Carlos Tevez. L’Argentin quitte son club de cœur, Boca Juniors, pour rejoindre le Shanghai Shenhua, a-t-on appris le 29 décembre. Motif: un salaire annuel évalué à 38 millions d’euros. La vedette sud-américaine bat le record en la matière établi une semaine plus tôt par Oscar. Le Brésilien fait partie du Shanghai SIPG, une autre équipe de la mégapole, depuis le 23 décembre. Alex Witsel? La vedette belge a été transférée au Tianjin Quanjian au début du mois de janvier, elle touchera 18 millions d’euros par an.

Le mercato d’hiver ainsi appelle-t-on cette période de transferts dans le monde du foot durant la pause de janvier bat son plein. Et plus que jamais, la patrie de Mao joue les premiers rôles.

Offre folle pour Ronaldo

Javier Pastore, Alexis Sánchez, André-Pierre Gignac, Diego Costa ou Ricardo Carvalho, tous ces joueurs de premier plan auraient reçu des offres folles la semaine dernière. Cristiano Ronaldo n’est pas épargné: le quadruple Ballon d’or aurait refusé à la fin du mois de décembre une proposition de salaire à 100 millions d’euros par an pour aller jouer en Chine, selon son agent. Même Mark Clattenburg, le meilleur arbitre de 2016, aurait été approché.

Parmi les treize joueurs les mieux payés au monde, cinq évoluent désormais en Chine (voir l’infographie). Cinq mercenaires dont les contrats ont été signés il y a moins d’un an. En 2016, les clubs de la Chinese Super League (CSL) ont dépensé 470 millions d’euros en transferts. C’est plus qu’en 2015 et 2014 réunis, ça s’approche des montants des grands championnats d’Europe.

Et ça va trop loin. Vendredi, Pékin a rappelé à l’ordre les dirigeants de ses principaux clubs: le Ministère des sports a annoncé qu’il allait freiner ces «investissements irrationnels» et les «limiter de façon raisonnable» – sans fixer de seuil pour l’instant. L’Etat a en outre récemment décidé de limiter à quatre le nombre de joueurs étrangers sur les pelouses, contre cinq jusqu’à présent.

L’ambition de Pékin

Des mesures saluées en Europe. Sur le Vieux-Continent, des règles visent à prévenir de telles exubérances. Certains clubs en ont pourtant profité, en vendant des joueurs au prix fort, mais d’autres se sont inquiétés de ces dérives. Cette fièvre acheteuse est «idiote et temporaire», selon Bernard Challandes, un entraîneur romand. «Elle ne me surprend pas: quand les Etats-Unis et les pays du Moyen-Orient ont voulu développer le foot chez eux, ils sont aussi passés par cette étape.»

En Chine, l’intervention de Pékin a largement été saluée, alors que plusieurs médias craignent qu’une bulle ait envahi le monde du ballon rond chinois. Le président Xi Jinping ne cache certes pas son ambition de faire de l’Empire du Milieu une nation du foot. Il incite les jeunes à privilégier ce sport au basketball ou au violon. Il y a du travail: la Chine pointe au 82e rang du classement de la FIFA et elle ne devrait pas se qualifier pour la prochaine Coupe du monde, un événement que le pays espère organiser un jour.

Les joueurs étrangers doivent élever le niveau de la CSL – qui serait encore loin de ce qu’on peut voir en Europe ou en Amérique du Sud et lui donner de la visibilité. La saison passée, ils ont inscrit 70% des buts du championnat.

Pékin veut mettre le paquet sur la formation pour obtenir des résultats à long terme. L’école du Guangzhou Evergrande le tenant du titre en CSL recense dans cette optique 48 terrains de foot et 3000 élèves. Rien qu’en France, 240 éducateurs chinois sont venus se former en la matière en 2015. Les collaborations similaires avec le Real Madrid sont tout aussi étroites. Comme en économie, ils viennent s’inspirer dans l’idée de faire mieux.

La saison dernière, chaque match de CSL a attiré une moyenne de 24 238 fans – c’est plus qu’en Ligue 1 française et que dans le calcio italien, soit 5667 de plus qu’en 2013. Les droits de retransmission de la CSL, attribués pour cinq ans à la fin de l’année 2015, ont été achetés par la société China Media Capital pour plus de 1,1 milliard d’euros (c’est moins qu’en Angleterre mais plus qu’en France), deux fois les 550 millions prévus.

Alibaba dans la danse

Les riches chinois aiment le foot. Les compatriotes de Mao ont récemment acquis la totalité d’Aston Villa et des parts de l’Olympique Lyonnais, du Slavia Prague, de l’Espanyol Barcelone, de l’Atletico Madrid, de Manchester City ou de l’AC Milan, pour ne citer que les maisons les plus prestigieuses. De nombreux clubs de CSL ont aussi été absorbés par de grandes firmes, comme le groupe Alibaba, qui détient la moitié du capital du Guangzhou Evergrande. L’autre moitié appartient à un groupe immobilier qui possède aussi des moyens colossaux.

L’intervention de Pékin suffira-t-elle à calmer les dirigeants de clubs chinois? «C’est dur de prédire ce qui va se passer. La Chine est un énorme bateau. Une fois que quelque chose d’aussi important (les dépenses dans le foot) est lancé, c’est difficile de l’arrêter», estime Mark Dreyer, du média China Sports Insider. Le mercato d’hiver se terminant à la fin du mois, on a deux semaines pour voir si les nouveaux contrats asiatiques continueront de jaillir ou non.


TDG
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