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Olivier Sangi: "les visions du monde ont brouillé celles de l'Afrique sur la femme"

Olivier Sangi: "les visions du monde ont brouillé celles de l'Afrique sur la femme" 2016-12-30
Culture
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Auteur de l'ouvrage "Hymne de la femme", Olivier Sangi Lutondo, dans sa récente sortie médiatique, recadre le débat sur l'image de la femme en Afrique. Pour lui, la vision du monde affecte toutes les valeurs que la société africaine accorde à la femme. Malgré cela, elle continue de garder son premier plan. C'est plutôt ailleurs que celle-ci est moins honorée. Dans une interview diffusée sur une radio périphérique, il revient sur le contenu de son ouvrage.

La société africaine respecte-t-elle la femme ?

Le respect de la femme chez nous part de nos très respectables et vénérables ancêtres. Malgré tous les préjugés qu'on a sur eux, les ancêtres africains ont toujours respecté et honoré la femme. C'est pour cette raison que je résume cette valeur de la femme. Et les ancêtres nous ont laissé des recommandations sur la femme, d'abord au petit garçon: "fils bien-aimé, ne martyrise jamais celle qui porte la vie. C'est dans son sein que Dieu t'a envoyé sur cette terre et ta lignée sera perpétuée à jamais...".

Au Mari, sa recommandation est celle-ci : "celui qui ne respecte pas sa femme, ne respecte pas sa mère. Or celui qui ne respecte pas sa mère se maudit soi-même". Pour dire que l'Afrique a toujours reconnu une valeur sacrée et essentielle à la femme.

Vous verrez qu'en Afrique les femmes étaient de grandes dames. Nous avons connu des reines depuis du temps des Pharaons. Près de chez nous dans l'Empire Lunda, il y avait Luweja Kond, Ngudia Kama actuellement en Angola pour tous les Basuku... Ce sont des reines qui sont honorées jusqu'à ce jour.

D'où est venu le fait que la femme africaine semble reléguée au dernier plan ?

Non, je viens de vous prouver que la femme africaine n'avait jamais été reléguée au dernier plan. J'ai pris plusieurs époques de l'évolution de la culture africaine. Non, en Afrique, la femme pouvait être médecin, prêtresse, Reine... Est-ce qu'une femme comme ça est reléguée ? Au contraire, lorsqu'on l'a désharmonisée, je le dis avec certitude que, la femme est plus désacralisée en Europe qu'ici. Ce que j'ai vu là-bas, la femme n'est pas valorisée. Elle est plus chosifiée. Non, ça, ce n'est pas la valeur absolue qu'il faut donner à la femme.

Il faut réveiller sa véritable valeur. Même dans le pouvoir ancestral, c'est la volonté de la femme qui primait pour donner aux gens des responsabilités. Dites-moi en quoi cette femme est chosifiée en Afrique ? L'harmonie de la société africaine était telle que la femme était le moteur puisque c'est elle qui éduque la vie.

Quels sont les défis pour que la femme récupère sa place ?

La femme elle même doit refuser d'être utilisée comme objet. C'est elle qui donne la vie, elle la protège et l'éduque. C'est vrai qu'il y a eu plusieurs visions du monde qui ont brouillé la vision africaine de la femme. Notamment celle qui considère que lorsque la femme entre dans le libertinage, elle devient plus libre. Non. C'est faux. Exemple dans les médias, quand on expose les femmes à moitié habillées, ça les déshonore.

Il y a dans d'autres pays où on les expose dans des vitrines pour que les personnes regardent. Mais ça c'est gravissime. C'est profaner la femme ! Elle même aussi doit refuser tout ce qui peut la rabaisser. Certaines agences européennes comme "Chienne de garde" ont du mal à primer des agences de communication qui n'ont pas sali l'image de la femme.

A notre niveau, nous-mêmes Africains, nous devons conscientiser les enfants comme les adultes sur le respect de la mère de la vie. Nous demandons pardon à nos mères. Nous leur demandons aussi de nous aider pour que nous puissions retrouver, tous ensemble, nos valeurs essentielles accordées à la femme.


MCN TEAM / mediacongo.net
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