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Kinshasa : finalement, c'est l'article 15 qui a gagné !

Kinshasa : finalement, c'est l'article 15 qui a gagné ! 2016-12-22
Politique / Provinces
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Un marché ambulant à Makala (© mediacongo.net)

Après deux jours de paralysie, la vie a lentement repris mercredi à Kinshasa : l'officieux "article 15", qui dicte la débrouille et la survie dans l'argot kinois, l'a finalement emporté sur les conflits d'interprétation meurtriers de la Constitution.

Mercredi, les commerces ont commencé à rouvrir, et les étals de viande, de fruits ou de recharges de téléphone sont réapparus le long des artères de la capitale de la République démocratique du Congo. Les habitants sont ressortis dans la rue, où les transports en commun ont partiellement repris.

Durant deux jours, l'immense majorité des 10 millions d'habitants était restée cloîtrée, alors que le président Joseph Kabila a conservé son pouvoir au-delà de l'échéance de son mandat mardi, après le report sine die de l'élection présidentielle qui aurait dû avoir lieu cette année.

Mardi, des affrontements entre jeunes hostiles à M. Kabila et les forces de l'ordre ont fait au moins neuf morts à Kinshasa, selon le bilan du gouvernement.

Les partisans du chef de l'État justifient son maintien par l'article 70 de la Constitution stipulant qu'"à la fin de son mandat, le président de la République reste en fonction jusqu'à l'installation effective du nouveau président élu".

Les anti-Kabila, eux, veulent le chasser du pouvoir au nom de l'article 64 selon lequel "tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions de la Constitution".

Finalement, "c'est l'article 15 qui a gagné", résume Maître Bera, assis à une "terrasse" (bar en extérieur) du quartier de Matonge.

"Le Congolais ne regarde pas seulement les politiciens, il regarde aussi son ventre. Et aujourd'hui, il a vraiment faim", explique à l'AFP ce trentenaire au look soigné, les yeux cachés derrière des lunettes de soleil Armani de contrefaçon.

Si son origine reste obscure, l'"article 15" est connu de tous dans un pays miné depuis des décennies par la misère. L'expression signifie : "Débrouillez-vous !".

Prix en hausse

"Les gens ont besoin de retourner au boulot pour faire vivre leur famille. Deux jours, c'est beaucoup. Ils n'ont pas de provisions, ils sont obligés de chercher quelque chose à manger le soir", explique Albert Djamba, patron d'une terrasse.

"Ils attendaient juste le bon moment pour revenir casser des pierres", poursuit-il en utilisant une expression imagée locale ("kobeta libanga") décrivant les efforts faits pour trouver un gagne-pain journalier qui permette de nourrir ses proches le soir de retour à la maison.

A deux pas du stade Tata-Raphaël, Simon Yana a réinstallé son stand, quatre fils tendus entre deux poteaux auxquels sont suspendus une vingtaine de maillots de la sélection nationale, du Motema Pembe et du V.Club, les deux principaux clubs de Kinshasa.

"Les derniers jours, ce n'était pas bon. C'était dangereux et il n'y avait pas de transports, personne ne pouvait venir acheter. Si je ne travaille pas, c'est dur de manger", explique ce père de famille de 42 ans.

"Aujourd'hui, ce n'est pas aussi vivant que d'habitude mais j'espère vendre trois maillots", explique-t-il. Un jour "normal", il en vendrait "six ou sept".

A dix dollars pièce, les gains espérés à la fin de la journée lui permettront de subsister quelques jours, avec sa femme et ses deux enfants, dans un pays où les prix des denrées ne cessent d'augmenter.

Le règne de "l'article 15" n'aura été que brièvement interrompu dans la capitale congolaise.

Mais Maître Bera tempère : "L'article 15 n'existe plus vraiment en ce moment, parce qu'il n'y a plus de liquidités. Tout se chamboule avec les prix qui augmentent".

Pour Albert le patron de terrasse, au-delà de l'argent, c'est aussi l'esprit de "Kin" (surnom de Kinshasa) qui a poussé les gens à ressortir. "Plus de deux jours sans ambiance, pour les Kinois ce n'est pas possible", sourit-il : "Ils aiment manger, ils aiment boire, eux et leurs chéries".


AFP / MCN, via mediacongo.net
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11 commentaire(s)
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Indépendant - 22.12.2016 20:59

Le bilan de MAPON est pourtant élogieux!Chers compatriotes, il est possible de faire partir Kabila même suivant son topo, par des élections bien surveillées. Les sondages montrent qu'il n'est pas aimé par la majorité des congolais. Même moi, je le bats. Comme il ne veut pas être conséquent et tirer de bonnes conclusions comme François Hollande, nous pouvons aller dans son schéma de tripatouillage de la constitution et obtenir son échec cuisant aux élections avec des candidats comme Moïse Katumbi ou Etienne Tshisekedi. C'est question de surveiller étroitement l'organisation des scrutins et cela est possible.

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Anonyme - 22.12.2016 19:31

Kanambe, lokola ozali matoyi mangongi, problème ezali te mais okotokisa biso nionso na mayi ya moto sinon biso nde mutu tokotokisa mpe koboma yo. Nous sommes déterminés et nous allons cette fois-ci pactiser voire avec le diable pour te faire partir car les politiciens congolais et la communauté internationale veulent te maintenir longtemps dans notre cher et beau pays au profit de leur géopolitique actuelle. La vie ou la mort, nous allons vaincre. Le combattant et résistant silencieux.

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Bertin - 22.12.2016 16:42

Où est la sagesse africaine? L'arbre à palabre tant vanté pouvait régler le tout sans mort ni casse! Ceux qui voulaient réviser la constitution ont raison, car les articles de la constitution ne peuvent se contredire (souvent c'est l'interprétation cachée sous des motifs évidents de hôte toi que je me place). Faites également confiance aux institutions de la République, car la démocratie est encore fragile: chacun derrière "son peuple", imagine sa démocratie et ne se soucie pas de conséquences telles que celle que nous regrettons tous. A bon entendeur, salut!!

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Infirmier - 22.12.2016 13:23

Vous mangerez aux sueurs de vos fronts. N'attendez plus la manne venant du ciel. Félicitation mes mamans et papa.

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Avenir du congo - 22.12.2016 13:11

Quelle est cette loi dans le pays qui condamne à mort une personne qui a volé, et qui est en plus désarmée??? Je pleure pour mon pays, que Dieu nous vienne en aide et attende le sang de congolais qui a trop coulé.

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EHEHYO HITAKIMBIYA - 22.12.2016 11:24

"Vivre sans gloire c'est mourir tous les jours" disait à son temps Napoléon Bonaparte. On vous a déjà tué depuis longtemps et vous chercher la nourriture pour en faire quoi? Un cadavre ne cherche pas la nourriture - il n'a besoin que de l'enfer ou du paradis. Vous pensez vivre vraiment! C'est une honte qu'à cause du pain vous perdez votre dignité, vos droits... Vos frères tués le 19, s'en est félicité votre Ministre de la Parole, avaient le droit de mourir parce qu'ils pillaient la nourriture... voilà là où vous mène le pain que vous chercher. Mes condoléances

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Infirmier - 22.12.2016 11:03

Ah aaa c'est dommage moi-même les deux jours là étaient trop, les Kinois n'ont jamais voulu la guerre, mais on nous l'impose. Nous avons besoin de la paix et du pain.

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Teddy - 22.12.2016 10:55

La Kabilie le savait bien. Voila pourquoi en ce qui me concerne, le salut ne viendra pas de Kin ou on est preocupe par la survie

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Albert Ilunga - 22.12.2016 10:12

Qu'ils nous laissent tranquille pour que nous puissions nous aussi vivre, car depuis 1960, nous ne vivons pas de la politique.

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entre nous - 22.12.2016 09:17

oui ,oui tout le monde ne vie pas de la politique ,nous mangeons au taux du jours ,un vrai Kinois n'a ni provision ni bcp d'argent en poche ,donc nabimi nazongi na pokwa avec mon 4500FC je dépense 4000FC je garde 500FC pour mon transport de demain matin pour le qui cherche ,tandisque tout ces bandes de nos politiciens corrompus et voyoux ont de provisions,ont bcp d'argent ,BUZOBA , tout ce paye ici bas mais BA YAYA BOYEBELA OKOBOMA LIBOTA NA MUKATE ?????

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Bondekwe - 22.12.2016 08:47

Non, c'est la misere qui nous pousse a sortir. Nous n'avons aucun moyen de survie en dehors du jour-au-jour, pas de stock de nourriture, pas de stock d'eau potable, RIEN comme en enfer. Et la bande a Kabila parle de stabilite macro ya ba mama na bango

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