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Comment Vivendi et Canal+ s'attaquent au marché africain

Comment Vivendi et Canal+ s'attaquent au marché africain 2016-11-29
Culture / Afrique
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Le groupe dirigé par Vincent Bolloré entend créer au moins 50 salles de spectacles sur le continent, déployer la fibre optique et poursuivre son implantation dans le marché de la TNT.

Vincent Bolloré veut surfer sur la vague numérique qui inonde le continent africain. Depuis plusieurs mois, Vivendi et Canal+ multiplient les projets à destination d'une classe moyenne grandissante et de plus en plus connectée. Le plus récent porte sur la télévision payante. Depuis le début de l'année, la chaîne cryptée propose des offres disponibles sur la télévision numérique terrestre (TNT) en République démocratique du Congo (Kinshasa et Lubumbashi) et au Congo Brazzaville (Pointe-Noire). Et en 2017, Canal+ vise la Côte d'Ivoire. "La TNT nous permet d’aller chercher des clients moins fortunés avec des tarifs d’abonnement de 4.000 francs CFA [environ 6 euros] pour 30 chaînes, précise David Mignot, le Directeur général de Canal+ Afrique. C’est une technologie de transition en attendant l’essor de l’ADSL, la fibre optique, la 4G et la 5G".

Et Canal+ compte bien accélérer cette transition. Lorsque Vincent Bolloré reprend en main la chaîne en 2015, il demande à ses équipes de favoriser les synergies entre Vivendi et Canal+. L'un de ces rapprochements vise à construire un réseau de fibres optiques en Afrique subsaharienne. L'idée est de déployer la fibre en aérien, le long des poteaux électriques. Une technique jugée moins coûteuse que le creusement de tranchées pour enfouir la fibre dans le sol. L'industriel breton s'appuie notamment sur le succès de GVT, l'ex filiale de Vivendi revendue à prix d'or au groupe espagnol Telefonica (7,5 milliards d'euros) en 2015 et connue pour avoir bâti un réseau haut débit de qualité au Brésil. Mais après avoir construit un réseau de 60 km autour de Cotonou (Bénin), le projet est en stand-by depuis le mois de mai du fait d'une alternance politique. "Nous espérons relancer rapidement ce projet d'avenir, indique David Mignot. Il n'y a pas de raison que ce qui a pu se faire au Brésil ne se fasse pas en Afrique".

2,5 millions d'abonnés actifs en Afrique

Autre projet impulsé depuis la reprise en main de Vincent Bolloré : la construction de 50 à 100 salles de cinéma et de spectacles en Afrique subsaharienne dans les prochaines années. La première a ouvert ses portes en juin à Yaoundé (Cameroun) et d'autres devraient voir le jour à Niamey (Niger), Conakry (Guinée) ou Lomé (Togo) en 2017. Accra (Ghana) et surtout Lagos (Nigeria), la plus grande ville du continent avec ses 22 millions d'habitants devraient aussi en être dotées d'ici 2020. Ce projet baptisé Canal Olympia, est dédié à la projection de films, mais aussi à l’organisation de concerts d’artistes africains et étrangers, ainsi qu’à l’accueil de stand-up d’humoristes. "Chaque salle doit permettre de détecter des talents locaux, de les faire connaître et valoriser ainsi la culture africaine", poursuit David Mignot.

Canal+, qui a aussi lancé en octobre 2014 la chaîne de divertissement 100% africaine, A+, a fait depuis 2011 du continent un axe majeur de son développement à l'international. La branche du groupe en charge de l'Afrique est ainsi passée en cinq ans de 300 à 1.200 salariés. "En 2011, nous avions 400.000 abonnés en Afrique, précise David Mignot. Aujourd'hui nous sommes présents dans plus de 25 pays et nous allons atteindre les 2,5 millions d'abonnés actifs à la fin de l'année". Un succès qui s'explique notamment par la multiplication des offres proposées par Canal. La chaîne vient par exemple de signer des accords de diffusion avec Walt Disney et la Fédération ivoirienne de football. 

Canal+ n’est toutefois pas le seul groupe audiovisuel à se positionner sur le marché africain. Sur la TNT par exemple, plusieurs mastodontes du secteur comme le chinois StarTimes (Rwanda, Burundi, Guinée Conakry) ou le sud-africain Multichoice-DSTV (pays anglophones) ont eux aussi remporté des appels d’offres. Le groupe de Vincent Bolloré et StartTimes s'affrontent d'ailleurs en ce moment en Côte d'Ivoire dans le cadre d'un appel d'offres. Et face à cette concurrence féroce, la chaîne cryptée a noué quelques partenariats avec Thomson ou Sagemcom. 


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