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Brackley Cassinga: l’électronicien autodidacte qui recycle des déchets et éclaire Bukavu

Brackley Cassinga: l’électronicien autodidacte qui recycle des déchets et éclaire Bukavu 2016-11-28
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2016_actu/novembre/28-30/cassinga-brackley-electronicien-autodidacte.jpg Bukavu, Sud-Kivu-

Brackley Cassinga (à droite) a déjà construit des dizaines d’appareils électroniques à partir des composants récupérés dans les poubelles de Bukavu. (@Observateurs, Twitter)

Chargeurs, lampes solaires ou à piles: à seulement 21 ans, et sans avoir fait d’études, Brackley Cassinga a déjà construit des dizaines d’appareils électroniques à partir de composants recyclés.

Et pour ce jeune habitant de Bukavu, dans le Sud-Kivu, pas question de bricoler tout seul: depuis plusieurs années, il partage son savoir-faire en donnant gratuitement des cours…dans son salon.

"Partager mon savoir peut aider ma communauté à se développer"

Brackley Cassinga a commencé à bricoler dès ses 11 ans. Son père était régulièrement en déplacement à Lubumbashi, dans le sud de la RDC. Durant ses absences, il se donnait pour mission de le remplacer, en s’occupant notamment de la réparation des appareils ménagers cassés...

"J’aurais aimé qu’il y ait quelqu’un pour m’apprendre, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un s’y connaissant vraiment en électronique. J’apprenais donc tout par moi-même, je m’amusais à faire des petites expériences et observer le résultat."

Rapidement, il s’est mis à construire lui-même des lampes à pile, en utilisant des composants récupérés dans les poubelles de Bukavu.

"Dans ma communauté, beaucoup de foyers n’ont pas accès à l’électricité. J’ai donc installé des lampes à pile chez les gens pour qu’ils aient un peu de lumière."

Brackely Cassinga avec une lampe entièrement bricolée, qui contient un support pour un livre.

Après un voyage à Goma, pour rendre visite à son oncle, il obtient pour la première fois un livre d’électronique. Du haut de ses 14 ans, il apprend alors à fabriquer un émetteur radio. Au début, il ne pouvait émettre des signaux qu’à 50 mètres. Mais avec un peu de persévérance, il réussit à construire des émetteurs d’une portée d’un kilomètre. Il s’est ensuite mis à faire des amplificateurs audio, des panneaux solaires, ou encore des chargeurs.

Quand Brackley Cassinga a quitté le lycée, à 18 ans, il a créé un collectif avec des ingénieurs en informatique et électronique à Bukavu, qu’il a appelé "Kwanza Technologies". Le groupe travaille à la construction d’objets, dont des lampes, et les redistribue gratuitement à ceux qui sont dans le besoin. Selon Brackley, le collectif a également offert 20 régulateurs de tension à des particuliers [cela permet d’éviter les coupures de courant à répétition, NDLR] et conçu des sites Internet pour 25 entreprises locales. Actuellement, ils travaillent à la mise en place d’une plateforme de crowdfunding, afin d’aider d’autres personnes à trouver des soutiens financiers pour développer leurs projets.

Pour partager ses connaissances, Brackley Cassinga enseigne bénévolement l’électronique et le codage aux adolescents de sa ville. N’ayant pas accès à un bâtiment scolaire officiel, les cours ont lieu dans son salon. Intéressée par son initiative, une université locale l’a approché pour lui demander d’enseigner à ses élèves. Mais Brackley n’a finalement pas été retenu, faute de diplôme.

Brackely Cassinga (d) avec "ses étudiants".

"Certaines personnes trouvent ça magique et me demandent s’il ne serait pas possible que le gouvernement nous aide à nous développer parce qu’ils ont envie que leurs enfants viennent apprendre avec nous !"

Tous les enfants à partir de 12 ans peuvent participer. Ils viennent après l’école ou pendant les vacances, de 6 h à 14 h. D’abord, je leur apprends à connaître les composants électroniques de base et à comprendre à quoi ils servent. Puis, dans un deuxième temps, je leur enseigne le codage et le développement pour les téléphones mobiles. Je donne mes cours gratuitement. Je suis persuadé que si je partage ce que je sais, cela pourra aider ma communauté à se développer. Les idées doivent être partagées !

 

Brackely construisant un circuit de radiotransmission avec un ami.

Je connais des gens qui veulent venir étudier avec moi mais, parfois, je n’ai pas les ressources nécessaires… Nous manquons d’équipement. Nous avons besoin d’une fraiseuse: c’est une machine qui permet de faire des trous dans les cartes de circuits imprimés, et une machine pour imprimer les circuits. Il nous manque certains outils de base. Du coup, actuellement, nous n’utilisons que des composants de récupération.

J’ai besoin de deux heures pour faire un amplificateur. Mais c’est trouver les différents éléments qui me prend le plus de temps. Sinon, j’ai déjà les plans dans ma tête, je n’ai plus qu’à assembler. Parfois, je veux créer des appareils plus conséquents, mais je n’ai pas le matériel. Du coup, nous incitons les habitants de la ville à nous donner leurs radios et chargeurs qui ne fonctionnent plus.

Cassinga ne compte pas s’arrêter là et a encore de nombreux projets ambitieux… Il vient tout juste de terminer un prototype de lampe solaire, dont le chargeur a été fabriqué à partir d’une batterie de voiture recyclée. Son rêve ? Intégrer une université aux États-Unis pour poursuivre sa passion… puis retourner en RDC pour former les jeunes et construire des appareils électroniques utiles à sa communauté.


Les Observateurs France24
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4 commentaire(s)
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Asinge - 22.05.2017 17:38

ça s'appelle Ingéniosité maison! il faut encadrer ces jeunes! Ici Afrique et particulièrement au Congo Kinshasa, nous sommes les spécialistes en diplôme universitaire, mais sans pragmatisme et donc ,nous avons trop des philosophes que les hommes de métiers. si l'état prenais tout simplement en charge sur le plan besoins vitaux ( santé, logement, accès aux études professionnelles etc ) on aura des petits savants au pays je vous assure! Pour mémoire, les voitures démarrent dans le monde grace au minerais en provenance du Katanga, les appareils électroniques de haute technologies, c'est grâce au minerais en provenance de notre cher et beau pays, je cite: le coltan etc; le fil...

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"Science sans Conscience n'est que ruine de l'ame" !!! - 07.12.2016 09:19

Si on pouvait donner aux congolais ceux dont ils ont besoin, nombreux ne se seraient même pas intéressés a la politique...et du coup de nombreux talents comme celui-ci se retrouvent dans la politique alors qu'ils ont mieux a faire dans d'autres domaines et secteurs de la vie de notre pays, comme conséquence le Congo s'enfonce dans la médiocrité. Bonne chance jeune homme et demeure dans ta passion, tu pourras servir la nation autant que tu le fais déjà pour ta communauté !

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KAPALANGA MUZEE Claude - 30.11.2016 14:54

il a la chance de resider dans une entité ou son autorité lui laisse cette chance d'évoluer dans d'autres coins comme chez moi. j'en ai fait plusieurs actions pour le développement de mon Territoire mais ce que j'obtiens ce sont les menaces selon lesquelles je veux devenir qui dans le contrée et meme nous promet de suite dangereux si on le continuer. que Dieu protege Brackely.

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Dave - 29.11.2016 13:47

voilà un jeune ingénieux et plein d'initiatives que le gouvernement doit soutenir pour lui permettre d'aller plus loin dans ses inventions. Y en a beaucoup de comme ça dans notre pays, mais qui sont étouffés et limités faute de soutien et d'assistance. Sous d'autres cieux, ces jeunes seraient soutenus et pris en charge par le pays, mais seulement voilà! Nous sommes en RDC. Du courage mon frère!

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